Le cavalier

 

Derek Munn

 

Publié en mars 2018

Jean joue aux échecs pour la beauté du jeu, pour l’histoire qui s’invente sur la plaine de cases, le monde qui se déploie sur l’échiquier selon des règles qu’il découvre en lui. Gagner lui importe peu. 

 

Jean mène une vie dont il a hérité jusqu’au jour où il se fait confectionner une paire de bottes en cuir, quitte sa ferme et entame un voyage avec sa jument. 

 

Le cavalier est le récit fragmenté d’une vie qui se concentre et s’accomplit dans l’événement de ce voyage. Soixante-quatre tableaux qui sont autant de célébrations du paysage et des émotions où les souvenirs et les rêves infusent sans cesse la réalité du moment présent. 

 

 

Au fil du texte une temporalité intime s’impose et dévoile une connivence mystérieuse entre l’auteur et son personnage.

 

 L’  extrait

 

Une sensation d’abord, l’homme n’y est pas pour l’instant, ou est subsidiaire, c’est sa fatigue qui avance, une sensation de cuir, un cuir souple, épais, résistant, je le sens, je vois son grain. Une paire de bottes. J’ai envie de les toucher, de les mettre, mais il y a déjà des jambes, qui marchent, qui boitent. L’homme est descendu de son cheval, ils marchent ensemble, ils rentrent à la maison.

Un voyage qui persiste dans le temps.

 

Différents états d’usure des bottes se superposent, du cirage à la boue, jusqu’à la poussière qui couvre tout à la fin, moite, agglutinée en bas de celle de gauche dans les bajoues de cuir tombant autour du talon quand, arrivé, l’homme se laisse glisser de la selle pour la dernière fois, se tassant comme un sac de pommes de terre en prenant appui sur l’immobilité de l’animal qui maintenant détourne la tête. 

Je comprends alors qu’une fois ses bottes enlevées cet homme ne marchera plus jamais.

 

 


 

Ils en parlent...

 

 

Des bottes, un échiquier, une jument et un périple pour redéfinir un être in extremis. Somptueux et envoûtant.

 

Hugues Robert de la librairie Charybde : https://charybde2.wordpress.com/2018/03/19/note-de-lecture-le-cavalier-derek-munn/

 

 

 

Marie Martinez : https://lavistextueldemariem.blogspot.fr/2018/03/cavalier-seul.html