La Lumière de Tchernobyl

 

Jean-Paul Engélibert

 

Publié en avril 2017

Une femme, baignée par une lumière pâle, dans une grande pièce nue, se tient devant sa fenêtre. Elle détourne la tête, sa chevelure masque son visage. Se dérobe-t-elle délibérément ? Est-elle saisie à l’instant où elle s’éloigne de la fenêtre ? Une inquiétude sourd de cette image et de son hors-champ.

 

Ce récit, inspiré d’une œuvre photographique de Guillaume Herbaut, nous plonge dans l’histoire d’un couple qui, trente ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, part s’installer dans la zone contaminée, pour y vivre et y travailler.

 

  • Un récit de l’après-catastrophe à Tchernobyl.
  • Une réflexion sur la force narrative de la photographie.
  • Une écriture précise, pudique et élégante.

 

Extrait :

 

"Il faudrait se laisser pénétrer par la lumière pâle de cette image et s’absorber dans ses pastels. Il faudrait se glisser dans cette vibration douce et froide, se laisser intriguer par cette fenêtre voilée, d’où entre un rayon de soleil vif et sans couleur. On ne saurait pas ce que regarde la jeune femme qui se trouve devant. On verrait seulement le vide derrière et au-dessus d’elle la hauteur inhabituelle du plafond, l’absence de meubles, l’absence de tout ornement. On s’attacherait à la tendresse de son pull rose et à l’abandon de sa main. On goûterait la pureté géométrique du cliché, constitué de lignes simples et d’angles droits. La sensualité des teintes et de la pose apparaîtrait alors, au milieu de cette pièce vide, comme une incongruité et comme un miracle."