Printemps 2020, une nouvelle collection et trois nouvelles publications !

CONTREVUES

 

Une collection "pour avoir la contre partie, la vue de l'autre côté, la contrevue pour ainsi dire (...)". Charles Péguy

Nouveau format, nouveau papier, nouvelle reliure !

 

Les livres de la collection CONTREVUES  (14 x 29,7 cm) sont mis en page et imprimés sur du papier Munken Print White (90g) dans l'atelier de la maison d'édition.

Chaque livre est constitué de plusieurs cahiers reliés manuellement par un fil de lin glacé Au chinois rouge cerise N°525, et protégé par une couverture amovible en carte Munken Lynx Rough (300g).

 

3 nouvelles publications : 1 nouvelle, 1 journal politique, 1 recueil de poésie...

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Par les flammes - Jérôme Lafargue

Nouvelle

Dans les ruines du monde, un vieil homme marche à la recherche d’un désert. Au bout du chemin, l'espoir d'y retrouver celui dont il n'a pas prononcé le nom depuis tant de temps.

  

Deux bonnes semaines de voyage, déjà. En selle ou à la marche, pour soulager son corps ankylosé et la carcasse de sa monture, aussi. Les ossements des grandes plaines sont derrière eux à présent. À la vue des immenses forêts et montagnes s’annonçant au loin, le vieil homme se sent libéré. Il s’autorise même une exclamation de joie.

 

Au fil du récit, deux formes de sauvageries émergent et s'affrontent : celle d'une part d'une nature majestueuse à la fois âpre et accueillante et d'autre part celle d'une humanité qui a abdiqué toute forme de socialité et s'abîme dans la violence la plus féroce.

 

Désormais régnait le temps des bandes, de la maraude sauvage. Il n’en était pas surpris. Qu’opposer d’autre à l’effondrement que l’abandon aux sens les plus vils ? Un hennissement puissant le sort de sa torpeur. Il gît à genoux, sa main gauche agrippée à un grand caillou en forme de crapaud. Il halète, regarde le cheval sans vraiment le voir avant de revenir à lui pour de bon.

 

Collection vies minuscules / 6€ / 32 pages / en librairie le 5 avril 2020

 

A partir du 5 avril 2020


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Qu'allons-nous faire de nos colères - Eric Chevance

Journal 2013 / 2017

Rassemblés ici sous la forme du journal, ces textes écrits entre 2013 et 2017 pour être initialement publiés sur un réseau social, pourraient n’être qu’un florilège de billets d’humeur, une chronique de notre temps, des questions et controverses qui l’ont agité.

Mais plus ou mieux que cela, ce recueil, récit au quotidien des luttes sociales et politiques d’une partie de la décennie passée, dresse un inventaire implacable des violences faites aux plus démunis, les sans-logis, les sans-emploi, les sans-avenir, les sans-voix.

Au gré des indignations et des colères de l’auteur, parfois de ses bonheurs, ce journal trace en filigrane le portrait d’un citoyen et l’itinéraire d’un engagement.

 

9 février 2017,

Il y a 6 ans déjà, en 2011, atterrés par l’ état du monde et l’incurie de nos dirigeants, avec plusieurs membres de l’association Artfactories / Autre(s)pARTs, nous avons entamé un débat informel, par mail. Je viens de relire ces échanges et nous pourrions les reprendre aujourd’hui mot pour mot.

On pouvait y lire des choses comme celle-ci : « L'avalanche de toutes ces nouvelles immondes me satellise... Je les déteste de m'empêcher de penser. Ils m'obligent à faire de moi un crétin qui n'a que l'idée de les voir disparaître. » (Yves Fravega) ; ou comme celle-là : « La montée d'une colère sociale, doublée de son impuissance à se donner à elle-même sa propre fin (...) m' inquiète au plus haut point. » (Jules Desgoutte). Mais ce qui me reste avant tout de ces contributions a été formulé par Philippe Foulquié : « Qu’allons-nous faire de nos colères ? » Car c’est bien de colère qu’ il s’agit. (...)

Ces colères, je ne suis pas le seul à les éprouver, à les contenir souvent, à les laisser exploser parfois. Elles ne s’épuiseront pas, je le sais, dans les urnes de ce printemps et dans l’accession au pouvoir d’un nouvel homme providentiel, quel qu’il soit. Alors qu’allons-nous en faire ? Peut-être éclateront-elles, peut-être exprimeront-elles d’abord nos craintes, nos peurs et nos indignations, pour ensuite se transformer, porter nos espoirs, et nous amener à rendre le monde un peu plus supportable...

Ferons-nous de nos colères des armes pour combattre l’ignominie et des outils pour bâtir un avenir décent à nos enfants ? 

 

Collection CONTREVUES / 21€ / 200 pages / en librairie le 5 avril 2020

 

A partir du 5 avril 2020


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Poèmes collapsologiques - Victor Martinez

Recueil de poésies

Collapsologie : le mot est lâché. A-t-on mesuré l’ampleur des faits qu’il recouvre ? Le collapse commence ici et maintenant, dans la pseudo- normalité de la vie quotidienne, dans l’âme meurtrie des vivants. Écrits à l’automne 2018, ces poèmes sont une chronique du présent : écocide, apartheid social, violence et lâcheté de tout ce qui se targue d’un pouvoir économique, politique, médiatique ou intellectuel. Autant de signatures d’époque qui constituent un livre de l’infamie contemporaine.

Mais ces poèmes collapsologiques sont aussi un livre des transformations dans lequel hommage est rendu, explicite ou implicite, à des vivants, à des actions, à des valeurs et à des œuvres qui travaillent à la préservation et à la perpétuation de la vie.

 

 

    Tu prendras un bon Junker

 

    C’est un motoculteur il 

    permet de casser les mottes 

    et de défoncer

         sur 40 cm

         le fond de planète en trop 

on est direct

sur le vide

bien que

des résidus y résident donc 

encore

mais

quelle joie

de l’aboi de la terre quand 

dans son pli décharné

ou pulvérulent qu’importe 

il y choit

le germe patenté 

UE

du nom d’une 

administration 

administra 

tation

de culs blancs

qui

n’ont jamais foulé la vie n’ont

pas sué ou

vécu le soleil immortel celui qui

faisait écrire Aristophane ou Platon non 

l’administration carcérale

dite UE

vend au plus offrant

la 6e extinction par

ce que c’est monnayable

selon la trinité schumanienne

robert on allait t’oublier

et qu’ensuite

qui résiste

n’aura qu’à intégrer

la belle vie administrative

de l’endive

de part et d’autre

équivaloir su

des barreaux

et leurs agences

du discours préempté

et voilà qui ira droit. 

 

 

Collection vies minuscules / 6€ / 32 pages / en librairie le 5 avril 2020

 

A partir du 5 avril 2020


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Pour terminer l'hiver en beauté...                                    3 nouveautés à paraître en février et mars 2019 !

1. L'île des sables  d'Eric Fougère - Roman

1761. L’Utile, une frégate de la compagnie française des Indes orientales commandée par le capitaine Lafargue, fait naufrage au large de Madagascar où quatre-vingts Malgaches achetés frauduleusement pour être revendus comme esclaves échappent à la noyade en prenant pied sur un îlot sablonneux.

Quinze ans plus tard, le chevalier de Tromelin ramène à l’île de France sept femmes et un nourrisson, seuls survivants de l’île des sables.

Roman de l’après et récit des silences, celui des responsables comme des victimes, L’île des sables retrace le combat effréné de l’intendant Maillart du Mesle pour rendre justice aux Noirs et lutter contre l’oubli.

Une quête éperdue de la vérité qui s’accomplit enfin dans l’incantation où se délivre la parole de l’île.

L’extrait

 

Le blanc de la voile apparue sur l’horizon. Le blanc de l’écume infiniment brassée. Le blanc des bancs d’oiseaux revenus. Blanc l’ourlet du petit jour à l’horizon blême avant le chavirement du ciel étendu de tout son long sur la mer allongée sous lui. Deux surfaces étamées rivées l’une à l’autre et tournant sur le même axe aiguisé comme un fer. Une épée toujours à côté quand ce n’est pas dedans. Pas un geste ou je taille. Ou j’enfonce. Ou je brûle.

2. L'homme qui se souvient de sa mort d'Yvan Blanlœil - Roman

Où est le nid de ces oiseaux-là ?  

C’est pour élucider cette question essentielle qu’à l’heure de sa mort un homme revisite sa vie dans un récit où les souvenirs se mêlent à son rêve.

Cette autofiction onirique, puissamment comique, férocement impertinente, foisonne d’inventions verbales et de loufoqueries poétiques. 

L’aventure de la vie est une quête de l’insaisissable autant qu’une farce. Le monde, un théâtre où l’absurdité des arbitraires n’a d’égale que la bêtise des mystifications. 

Yvan Blanlœil, qui n’a rien perdu des indignations ni des émerveillements de l’enfance, nous invite à partager les tribulations de l’homme qui se souvient de sa mort, sur la piste du Dortoir des Mouettes.

L’extrait

 

Un matin – comment sais-tu que c’est le matin ? – tu te réveilles en sursaut. Tu as décidé qu’il valait mieux tout savoir que tout ignorer. Tu commences par l’embryon, histoire de ne rien oublier. Chercher ce qui sert de commencement n’est pas le plus absurde des débuts. De fil en aiguille, on arrive quelque part. C’est la réflexion qu’avaient menée de concert Ariane et le Petit Poucet dans des mondes qui n’étaient pas aussi rassurants que le nôtre. La version fil est d’ailleurs plus efficace que celle des cailloux, si je puis me permettre, d’autant plus qu’à la fin on peut couper le beurre, tandis que les cailloux n’ont pas inventé l’eau chaude, c’est le moins qu’on puisse dire.

3. Foule solitaire de Derek Munn - Récit court

Des sons, des images, des sensations, des lacunes, des pourquoi.

Il y a plusieurs choses à ne pas expliquer.

 

Ce texte ne parle pas vraiment de mon oncle, ni de Vic Chesnutt, ni de moi, mais d’un nous que je suis, d’une foule solitaire qui cherche à suivre ses propres traces.

 

I’ve learned to smile when all I feel is rage

En attendant le redoux...

Deux nouvelles parutions dans les collection vies minuscules  et Comment la parole

La confession de Simon Lapierre

d' Éric Martinet

 

Voyez-vous, ma mémoire est prodigieuse et infaillible, tout s’y grave à jamais, les visages, les prénoms, les dates, les lieux, indélébiles, et il va de soi que je ne m’enorgueillis nullement de cette faculté, c’est comme cela, ainsi je me rappelle ces événements-là comme s’ils s’étaient produits hier. Vous savez, la hiérarchie des souvenirs n’est pas fonction du temps passé. Il n’y a pas de temps là-dedans. C’est la puissance de l’impact qui imprime plus ou moins profondément la mémoire et peu importe le moment de cet impact. Une parole entendue à l’âge de sept ans, j’aurais pu dire huit ans ou bien neuf ans, une parole entendue dans la prime enfance peut résonner, fraîche, cinquante ans après. 

 

Nous sommes ainsi faits.

 

 

  • Une plongée dans le passé trouble d’un écrivain... qui n’écrit plus.

  • Un texte sur les ressorts intimes de l’écriture.

  • Une fiction à la Edgar Poe.

     

Collection vies minuscules

Nouvelle - 20 pages - 5  

   

Nos vies sont des romans

de

Rachel Corenblit

 

 

Entamer la discussion...

J’écris.
D’accord, j’écris.
Soyons précis.
Tu veux savoir ? Tu veux comprendre ? C’est étrange, c’est curieux. Tout ce mystère. Cette littérature autour la littérature.
Toi aussi, tu écris. Un peu. Tu oses l’avouer. Peut-être que tu fais partie d’un atelier ? D’écriture. Un atelier, comme un artisan. Celui qui exerce un mé- tier manuel. Dans les règles de l’art. Tu le revendiques. C’est ce que tu es. Ce que tu voudrais être. Un manuel de la création, et il faut le dire et le répéter, les mots passent par le corps. Les mots sont le corps. Les mots sont le corps qui porte le monde. Le monde que seuls les mots peuvent porter. 

 

  • Le lecteur dit et... une autrice leur répond. Un dialogue imaginaire haut en couleurs entre une autrice et ses lecteurs.
  • Un témoignage sur le bonheur d’écrire... et de lire.
  • Une galerie de portraits sensibles de lecteurs dans une langue épurée et dynamique. 

 

Collection Comment la parole

 

Nouvelle - 20 pages - 4  


À découvrir, commander chez votre libraire

ou sur la boutique en ligne de L'Ire des marges...

À glisser au pied du sapin !

Deux nouvelles parutions dans la collection vies minuscules :

L'ellipse du bois

de Derek Munn

 

C’est le récit d’une photographie et de l’invraisemblance qu’elle expose, le récit d’un cheminement du présent de l’image au présent du regard.

 

Une fête d’enfants, des ballons gonflés d’hélium, des rideaux clinquants, un garçon qui émerge du bois.

 

Il est sans arme, sans défense. Sa posture, bien que la position de ses mains puisse faire penser à un aspirant cowboy, est celle d’une nonchalance abasourdie, involontaire. Il ne comprend pas ce qu’il comprend, ni ce qu’il ne comprend pas. En même temps, il comprend.

 

 

Un imperceptible rien l’a pénétré tel un photon fourré dans sa rétine, l’immensité de sa petitesse ne cessera de distordre son monde, de le remplir de latences. Éclat qui ne s’éteindra jamais, ce sera la première petite étincelle de chaque migraine à venir.

 

Récit - 20 pages - 5  

   

Un si doux visage

de Jean-Paul Engélibert

 

 

Le récit d’un amour fou dans l’Amérique hollywoodienne des années 50,

entre J. G. Ballard et David Cronenberg, une histoire de sexe et d’automobile jusqu’au crash.

 

Frank a-t-il aimé Diane ? 

 

Il n’en est plus si sûr. Elle l’a attendri. Elle l’a séduit. Mais y avait-il de l’amour dans ses gestes ? C’est peut-être une question qu’il ne devrait pas se poser. Maintenant, il en est certain, s’il l’a aimée un jour, il ne l’aime plus. Sa petite personne est trop sûre d’elle et trop folle. Elle est capable de tout sur un coup de tête. Son procès ne l’a pas guérie. Il faut fuir. Tant que des milliers de kilomètres ne les sépareront pas, Frank ne pourra pas refaire sa vie. Ce n’est pas seulement qu’il ne pourra pas refaire sa vie, c’est bien pire que cela : il ne se sentira pas en sécurité. 

 

(...)

 

 

Je vois Frank dans une petite pièce nue, seul, pensif, comme s’il voulait arracher au miroir qui lui fait face une réponse à la question qu’il lui a posée. Il s’avance avec lenteur vers le lavabo puis s’arrête, une main frottant son menton, dans l’attitude d’un homme torturé par l’indécision. Il est grand, il est massif, son corps respire la force mais il ne sait qu’en faire. Le voir si gauche, si emprunté, sans usage de ses bras, est étrange et douloureux.

 

Nouvelle - 28 pages - 5  

 


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Quoi de neuf pour le printemps 2017 ?

Rencontre à la librairie Georges du 22 juin 2017

Nouveautés avril - mai 2017

Les écrivains sont décevants

de Frédérique Clémençon

Récit

 

Extrait :


" Cette année-là les oiseaux tombèrent du ciel par milliers, sans cri ni plainte. Ils mouraient sans autre bruit que celui de leur chute. Une pluie d’oiseaux morts, de toutes tailles, migrateurs ou non. Les premiers venaient à peine de regagner les zones tempérées ; les seconds déjà préparaient leur nid. On les trouvait au petit matin autour des maisons, dans les jardins, les chemins, les squares, sur le capot des voitures, les toitures. Là où habitait Delphine, à quelques kilomètres de la ville, ce sont les enfants qui les virent en premier, du moins est-ce ce qu’on raconta ensuite, comme s’il avait fallu qu’il en allât ainsi : il appartenait aux enfants de découvrir avant les autres l’étrange phénomène. "

 

ISBN : 979-10-92173-26-0  / 24 pages / 21×15 cm /  4 €

Sister

Road Trip - Saison 1 - épisodes 13 à 16

de Jean-Christophe Cabut

Feuilleton

Mathieu voyage seul dans le sud de l’Espagne à bord de son Tourbus. Il s’arrête plusieurs mois au milieu des falaises. Dans une grotte, en bordure d’une crique, en marge de la crise espagnole, vit Sister. Une hippie, qui fut junky, jeune et jolie. Rescapée puis rejetée, rebelle puis isolée. Elle vit là avec ses chiens, ses obsessions et son Herbe Sacrée. Sister et Mathieu apprennent à se connaître, seuls sur cette plage, en automne puis en hiver.
Ce Road trip, c’est le récit de la chute ailée de Sister. Et c’est vertigineux.

 

ISBN : 979-10-92173-16-1  / 28 pages / 21×15 cm /  4 €

Vanité aux fruits

de Derek Munn

Roman 

Au moment de faire le choix de sa vie, un homme questionne son appétit pour celle-ci, découvre l’œuvre d’un peintre méconnu et en tire l’idée d’un tableau dans lequel il se mettra en scène. Une méditation sensible sur la vacuité d’une existence ordinaire qui conduira le protagoniste à lui donner pleinement son sens.

 


ISBN  979-10-92173-25-3  /  208 pages  / 12×16 cm  /  15 €

Rencontre à La Machine à Lire du 7 mars 2017