Par les flammes

 

Jérôme Lafargue

 

Publié en avril 2020

Dans les ruines du monde, un vieil homme marche à la recherche d’un désert. Au bout du chemin, l'espoir d'y retrouver celui dont il n'a pas prononcé le nom depuis tant de temps.

 

Deux bonnes semaines de voyage, déjà. En selle ou à la marche, pour soulager son corps ankylosé et la carcasse de sa monture, aussi.Les ossements des grandes plaines sont derrière eux à présent. À la vue des immenses forêts et montagnes s’annonçant au loin, le vieil homme se sent libéré. Il s’autorise même une exclamation de joie.

 

Au fil du récit, deux formes de sauvageries émergent et s'affrontent : celle d'une part d'une nature majestueuse à la fois âpre et accueillante et d'autre part celle d'une humanité qui a abdiqué toute forme de socialité et s'abîme dans la violence la plus féroce.

 

Désormais régnait le temps des bandes, de la maraude sauvage. Il n’en était pas surpris. Qu’opposer d’autre à l’effondrement que l’abandon aux sens les plus vils ? Un hennissement puissant le sort de sa torpeur. Il gît à genoux, sa main gauche agrippée à un grand caillou en forme de crapaud. Il halète, re- garde le cheval sans vraiment le voir avant de revenir à lui pour de bon.